Les réactions sont terriblement violentes. Certains veulent interdire son spectacle. D'autres veulent lui retirer sa nationalité. Qui le premier le condamnera à mort?

Son attitude est condamnable. Pour rappel, lors de son spectacle il a invité un négationiste célèbre et lui à fait remettre un prix par un homme habillé en déporté juif. Primo, c'est pas drole du tout. Secondo, l'habit en lui même ne ressemblait que très peu aux réels habits des déportés (j'ai justement revu la Liste de Schindler). Tercio, c'était de la provocation délibérée, et à ce titre, ça a très bien fonctionné.

Peut-on rire de tout? Ce vieux débat philosophique, qui a autant de réponses que d'élève qui penchent sur la question lors des dissertations du bac, lève au fond la question de la liberté d'expression. Pour une question si grave que l'histoire, que faire contre les gens qui renient les évidences historiques (camps de concentrations, témoignages,...)? Doit-on les museler, les condamner ou les exiler, comme certains semblent le vouloir?

Je pense que la liberté d'expression doit être absolue, Si une personne a envie de dire quelque chose, qu'elle le dise en toute liberté. Si elle exprime son opinion calmement, biensûr. Coluche répondait aux journalistes qui s'indignaient de ses blagues sur les SDF avec une réplique singlante "mais moi au moins j'en parle".
Le fait que l'histoire nous ai laissé des traces profondes nous donne-t-il le droit de museler une personne sous prétexte qu'elle exprime un avis différent?

Pour moi, cette loi sur l'interdiction de remettre en cause la déportation est dangeureuse, bien plus que le fait de remettre en cause effectivement cette existance. Si des imbéciles sont près à croire que ces attrocités n'ont pas exister, ce n'est pas en les condamnant que l'on les éduquera. Mais il suffit de formuler cette loi différement, et elle en choquera plus d'un : cette loi interdit le fait d'exprimer un avis contraire à un fait précis historiquement vérifié. Ce fait porte sur la déportation lors de la guerre 39-45. Soit. Mais qui serait condamné en France pour avoir exprimé le fait que la guerre de 100 ans n'a jamais exister? Personne. Il s'attirera les foudres des historiens, et les rires de tout le monde. Si une personne a le droit de nier un point A de l'histoire, pourquoi n'aurait-il pas le droit de nier le point B? Parce que B s'est déroulé il n'y a pas si longtemps?

Une chose est sûre, si la provocation est de très mauvais goût, les réactions violentes sont terriblement contre productives. Ils auraient mieux fait de dénoncer cette provocation, et ... l'oublier. C'est tout. L'oublier. C'est le mieux qu'on puisse lui faire. Oublier ce type qui remue le couteau d'une blessure historique encore ouverte.

De plus, le condamner dans un tribunal, c'est lui donner une tribune (étymologiquement), un espace où il pourra se présenter en martyr d'un système manipulé par les forces maléfiques qu'il dénonce. C'est jouer son jeu.

Dieudonné est un imbécile, c'est mon droit de le dire. Mais ce couillon a le droit de dire ce qu'il pense. Et oui il a droit d'en rire. Même si c'est pas drôle. Même si ça fait mal.

Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire.[1]
Voltaire

Notes

[1] et non pas "...je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire, sauf s'il y a le mot juif ou déportation dans la phrase, dans quel cas je serais obliger de vous pendre haut et court". Une vérité se veut la plus universelle possible, elle ne doit souffrir d'exception, même si ça choque. Mais quand on voit la logique dans l'orthographe française, on peut se demander si nous ne sommes pas conditionnés pour les "cas particuliers"...