Et pourtant, les bangaloriens résistent. La preuve, cela ne m'a pas empêcher de participer au congrès de salsa de Bangalore, ni ce week end de retrouver des amis rencontrés à ce congrès justement, pour une soirée Rock and Roll. Mais là aussi, la soirée s'est terminée à minuit. Alors que les autres villes d'Inde ont une vie nocturne, la plupart autorisant les débits d'alcool et les boites jusqu'à une heure tardive (1h30).

L'article du Bangalore Time publié chaque jour est particulièrement vindicatif, et rappelle que ce "Dancing Ban" est d'un autre temps. Il permet d'alerter l'opinion publique sur la situation actuelle, sur le fait que Bangalore est une ville cosmopolite, en constante évolution, et pourtant on veut l'encastrer dans un siècle dont elle ne fait plus partie. "C'est pour le bien des compatriotes", disent les officiels qui ont instaurés cette lois. Pourtant ce n'est pas en interdisant les bars que la situation ira mieux, que les pauvres se sortiront de la misère ou qu'il y aura moins de violence. C'est tout simplement incroyable. Dans cette capitale de l'informatique, véritable silicon valley indienne, à la pointe de la technologie, avec des centaines d'entreprises, des gens venant des quatre coins du pays comme du monde, il existe encore des gens qui pensent avec un siècle de retard.

Pauvre danseurs de Bangalore, obligé de s'enterrer pour danser, organiser des concours de rock, vivent leur passion caché du monde[1], alors que loin de toute activité destructrice, les indiens savent plus que tout au monde combien la danse fait partie intégrante de la vie locale, et elle se voit ici maintenant interdite. Ah, si elle est pas sous l'égérie de la religion elle est considérée comme dangereuse?

Références:

Notes

[1] Testé et approuvé, les indiens que j'ai eu la chance de rencontrer ne le vivent qu'avec plus d'intensité, ils ne laissent pas ces interdits d'un siècle révolu les empêcher de danser le rock and roll, la salsa, le tango, la bachata, le jive, tout ça avec une joie et un plaisir inégalé !