Ces cours ont l'intérêt d'être terriblement complets, cru et attaquant directement là où ça fait mal, et à la fois vulgarisateur sur des sujets très compliqués tout en restant précis sur les risques et les espoirs que l'ont peut avoir.

Son idée d'une taxation de l'essence fait grincer des dents, mais je partage son point de vue : la seule raison pour que nous et nos industriels se mettent à penser économie d'énergie maintenant, et baisser leur propre émission de gaz à effet de serre et à respecter de la planète, n'est pas d'attendre que l'économie de marché le fasse tout seul, mais en poussant le prix de l'énergie vers le haut.

Il faut forcer le prix de l'énergie à augmenter, et à beaucoup augmenter, pour préparer avec le plus d'armes possible l'après pétrole. Ce prix augmente aujourd'hui sous l'effet de l'économie de marché seule, la demande dépassant l'offre et l'on voit déjà des gens se ruer sur les solutions plus économiques et boudent les Hummers, mais cela est clairement insuffisant et nous laisse esclave des variations de production, ainsi que des contextes géopolitiques. Si demain l'OPEP décide de relancer sa production alors les gens seront heureux et consommeront de nouveau comme des dingues.

Je reviendrais plus tard sur le faux argumentaire classique "mais si les voitures électriques 0 émission de gaz à effet de serre existaient déjà, bien sûr que je l'achèterais". Faux, car il ne prend pas le problème du bon coté; classique, parce que je l'entend très souvent autour de moi... et je l'ai aussi utilisé.

Ce qui poussera les industriels à proposer des véhicules plus propres, certes moins puissantes, des solutions plus économiques et efficaces, et surtout ce qui poussera les gens à les acheter est une attaque directe là où ça fait mal, au niveau du porte monnaie physique, car quasiment personne n'a une réelle conscience écologique (et traverser la moitié de la ville en voiture pour aller dans une épicerie Bio n'est pas pour moi un comportement 100% écolo).

Mais Jancovici propose en plus une taxation, progressive des énergies en fonction de leur impact sur l'environnement. Progressive, pour laisser le temps au marché et à nos habitudes de s'adapter à la raréfaction du pétrole (il est présent en quantité fini et on en demande toujours plus, nécessairement, mathématique, un maximum doit être atteint, puis la courbe de tendre à l'infinie vers 0...). Cette taxation préparerait nos économies à l'après pétrole, en nous fournissant une trésorerie non négligeable qui resterait sur le territoire national, plutôt que de la laisser partir à l'étranger dans les futurs hausses qui arriveront mécaniquement du prix du brut au fur et à mesure de la raréfaction de l'or noir.

J'aime bien son argumentaire corrosif et malheureusement criant de vérité. Petites citations (article Wikipedia) pour cerner le personnage :

Au stade individuel, qu'est-ce que chacun de nous peut faire, trés concrètement, pour aider au « mieux-être » de la planète ? » demande Marie Drucker, dans son documentaire Pour quelques degrés de plus sur France 3, à Jean-Marc Jancovici. Celui-ci répond : « Ma réponse va peut-être vous surprendre, mais ce qu'on peut faire de mieux, c'est que la prochaine fois qu'un sondeur passera nous demander si on est pour ou contre une hausse programmée du prix de l'essence, qu'on lui dise qu'on est pour.

Demandez à un cadre dirigeant du monde pétrolier dans combien de temps les 2 milliards d'Indiens et de Chinois vivront comme un Français actuel. Avant toute réponse, vous obtiendrez un grand éclat de rire.

Quoi qu'il en soit, je conseille vivement l'écoute des cours qui sont complets, gratuitement accessibles, téléchargeable et consultables. Un exemple que beaucoup devrait suivre car le sujet est grave et de nombreuses bêtises sont racontés chaque jour aussi bien par les politiques, les industriels mais aussi les associations de défense de l'environnement eux même.

  • les 16 heures de vidéo sont disponibles ici, au format MOV (Quicktime)
  • les supports de cours, extrêmement détaillés le sont aussi, au format PDF.

En bonus, Jancovici propose également un outil en ligne pour calculer ce qu'il appelle le Bilan Carbone Personnel, sorte de signature écologique de notre activité quotidienne. La mienne s'élève à 1614 kg équivalent carbone, mais avec une incertitude de 41%. Si j'ai clairement renseigné la section transport, les autres l'ont été avec les valeurs par défaut qui introduisent une énorme dose d'incertitude (je n'utilise que peu le chauffage en hiver, je mange peu de viande chez moi etc). Pour information, une attitude "développement durable" devrait conduire à un chiffre inférieur à 450 kg... du boulot à faire...