Le Papillon des EtoilesJe viens de refermer le dernier Werber, le "Papillon des Etoiles". Mes premières impressions sont plutôt mitigés, partagés entre le "c'est bien du Werber, on y retrouve les mêmes choses que dans ses autres livres", et "c'est trop gros".

La structure de la naration est, malheureusement, déjà vu. Le personnage principal trouve l'idée de sa vie... dans une note laissé par son père... l'auteur ne se rappelle-t-il pas d'avoir utiliser la même combine dans les Fourmis entre Jonathan Wells et son oncle entomologiste, Edmond Wells. Comme ça, en quelques pages, le personnage hérite magiquement de toute une vie de travaux.

Le livre se place plus comme un roman d'anticipation que d'un véritable roman de science fiction, donc chaque abération scientifique n'est que plus énorme. Le décolage d'une fusée qui s'improvise, une voile solaire qui marche du premier coup, 144000 personne qui arrivent à décoller depuis une fusée d'un kilometre de haut... après seulement 4 vols essais. Hum, malheureusement si aucun milliardaire bienheureux ne peut se payer une telle entreprise dans notre monde actuelle, c'est bien que c'est quelque chose qui coute des milliards (le budget annuel de la Nasa, pour 2009, est estimé à 17 milliards de dollars, celle de Bill Gates, 59 milliards... donc en seulement trois ans notre Gabriel Mac Namarra serait à sec).
La voile solaire justement, n'est pas de la science fiction (elle l'aurait été il y a 30 ans et encore), et les difficultés techniques de réalisation ne permettent pas de réaliser le projet aussi rapidement que décrit dans le livre. J'ai eu l'impression d'un "personne n'y a pensé avant, et si on mettait une ENORME voile (plusieurs km²) dans l'espace, grâce à la pression solaire, on accélère gratuitement et exponentiellement". Bonne idée. Oui, mais les premiers à avoir eu l'idée l'on au en 1924. Raté. Si ce n'est pas actuellement utilisé dans les voyages spatiaux, c'est que c'est une recherche qui prend des décénies à mené. Une fois que l'on sait ça, tout le reste du gateau se dégonfle.

Bref, les incohérences scientifiques sautent aux yeux, Werber ne se contente que de les survoler pour justifier son histoire, et il faut se convaincre de ne pas les prendre en compte, de se concentrer sur la trame de histoire, et surtout, sur les réflexions de notre condition qui jalonnent le livre.

Car c'est ce que j'aime particulièrement chez les grands auteurs de science fiction ou de fantaisie, c'est que ce monde imaginaire qu'ils construisent leur permettent de mettre en relief une critique virulente mais subtile sur la société contemporaine. C'est là que le bat blesse, les critiques de Werber sont constamment les mêmes (en gros, les trois plus grands fléaux de l'humanité sont les politiques, les militaires et les religieux) tout au long du livre. Si à la lecture de la dernière phrase l'on n'a pas compris ceci c'est qu'on a sauter directement de la première à la dernière page. Trop de répétition tue l'intérêt, malheureusement. Werber est un fan des fourmis, et on le comprend encore, dans un roman extérieur à sa trilogie les Fourmis. Encore heureux qu'il n'est pas placé des passages de l'encyclopédie d'Edmond Wells dans ce roman là, ça aurait été la goute d'eau qui fait déborder le vase.

Le roman, s'il en est un, sens le travail trop rapidement expédié, on est loin du panache d'un Fondation qui raconte les 1000 ans de chaos entre les deux empires sur plusieurs livres. Il n'est pas la peine de chercher bien loin la source d'inspiration de Werber pour cet épisode. Il manque un Mulet pour donner un coeur qui bat et qui anime la partie centrale de l'histoire.

Reste la fin, qui a il faut le reconnaitre un certain panache de relier les personnages à la mythologie hébraïque. Malheureusement elle est beaucoup trop prévisible. Cela introduit une certaine confusion dans l'esprit du lecteur se demandant "sur quelle Terre est on arrivé?". Plus travaillé et précédé d'une seconde partie plus étoffée, cette troisième et dernière partie du roman aurait pu s'approcher d'une conclusion à la "Planète des Singes".

En résumé, le titre est beau, la première partie intéressante, la seconde partie baclée, et la conclusion est tout au plus joli. Peut mieux faire. Mais attention Mr Werber, à réutiliser toujours les mêmes ficelles, on lasse le lecteur.